Assez
Non, Messieurs les journalistes du grand quotidien Le Monde, Aurélien Cotentin, alias Orelsan, n’est pas « confronté » à la misogynie dans ses chansons. [1] Le rappeur Orelsan a délibérément choisi de mettre en scène le clip d’une « chanson, » intitulée « Sale pute, » qui ne constitue rien moins qu’une incitation monstrueuse et éhontée à la haine et au déchaînement de la violence contre les femmes. Selon Vincent Demarthe, le manager de « l’artiste, » "la mise en scène du clip a été réalisée pour qu’il soit pris au second degré". [2]
Le service de presse de Madame Valérie Lautard, Secrétaire d’Etat à la solidarité, est opportunément venu rappeler la loi : En France, l’article 24 de la loi de la presse de 1881 prévoit que toute incrimination de provocation à commettre un crime (viol ou meurtre) ou une atteinte à l’intégrité de la personne ou une agression sexuelle par tous moyens de diffusion est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Mais, combien de temps devrons-nous attendre pour que le juge soit saisi et qu’il applique la sanction pénale prévue par le code ?
Les faits
De quoi s’agit-il ? Orelsan a imaginé le scénario suivant : au terme d’une journée de travail écourtée à l’improviste, un homme se rend chez sa petite amie qu’il surprend dans les bras d’un rival. Il rentre chez lui, s’enivre et rédige un courriel qu’il adresse à la dite partenaire. Sa violence et sa haine se déchaînent alors et il se prend à rêver de la faire « crever lentement, » de lui casser une jambe « pour voir comment elle fait la belle » et de lui « déboîter la mâchoire » pour voir comment « elle suce » ensuite. Vocabulaire sexuel qui nous introduit dans une tourmente de violences sur ce registre puisque – pour résumer – il veut la violer sauvagement pour qu’elle « tombe en cloque » et qu’il puisse ensuite « l’avorter à l’Opinel ! » Et que l’infidèle estime « qu’ils se quittent en bons termes » s’il ne lui casse qu’un bras ! [3] Or, Orelsan fait partie des « artistes » programmés à la prestigieuse manifestation annuelle du Printemps de Bourges.
Premières protestations des féministes et des autorités et fins de non-recevoir
L’Association Ni putes ni Soumises a immédiatement demandé la déprogrammation du groupe. Et, Marie-Georges Buffet, la Secrétaire générale du Parti communiste français, a demandé à Daniel Colling, le directeur de la dite manifestation « d’intervenir pour qu’Orelsan n’interprète pas cette chanson qui est une incitation à la violence contre les femmes. » Mais l’organisateur a refusé au prétexte que la chanson incriminée ne serait pas présentée sur la scène du Printemps de Bourges. [4] NPNS menace actuellement d’appeler au boycott de la manifestation. Bien piètres représailles au regard de l’atteinte portée aux droits et la dignité des femmes !
En outre, Christine Albanel, Ministre de la culture, et Valérie Lautard ont officiellement protesté et demandé aux sites de vidéos en ligne You tube et Daily motion de retirer immédiatement ce clip de leur base de données. Là-aussi, elles se sont heurtées à un refus de retrait, les deux fameux sites ayant décidé d’en limiter l’accès sur un critère d’âge. Pour visualiser ce contenu, les internautes doivent désormais se déclarer au moins majeur et s’enregistrer sous une adresse électronique quelconque. Selon un porte-parole de YouTube, " le contenu de la vidéo ne nous semble manifestement pas illégal ; toutefois, sur réquisition judiciaire, nous pourrions le retirer". [5] En revanche, le clip haineux de Sale pute a été retiré de la page du site MySpace d’Orelsan. Enfin, dans un communiqué de presse, Madame Létard a également affirmé qu’elle soutiendrait les associations qui souhaiteraient porter plainte contre le rappeur.
Orelsan n’est malheureusement pas le premier rappeur français à avoir maille à parti avec les féministes et la justice pour de semblables délits.

