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Personnes handicapées : « L’assistance sexuelle », un futur service à la personne ?

On le sait pour les contrats d’assurance, il faut toujours lire les petites lignes. Le Manifeste « Tous solidaires avec les personnes handicapées1 » publié sur le site Internet de l’Express, et signé par diverses associations et personnalités, le prouve. Jouant sur les mots, il entraîne un certain nombre de signataires dans une embuscade.

Voir en ligne : Mouvement du Nid

On le sait pour les contrats d’assurance, il faut toujours lire les petites lignes. Le Manifeste « Tous solidaires avec les personnes handicapées1 » publié sur le site Internet de l’Express, et signé par diverses associations et personnalités, le prouve. Jouant sur les mots, il entraîne un certain nombre de signataires dans une embuscade.

Comment ne pas adhérer pleinement, de prime abord, à ce Manifeste qui défend à juste titre le droit à l’emploi, à l’éducation, à la liberté de circuler, à la mise en place de structures suffisantes, etc… ?

Mais qu’en est-il des dernières lignes du texte, vite expédiées, et dont les détails sont reportés plus loin dans l’article2 ? Le « droit à une vie affective et sexuelle » nous est servi l’air de rien en fin de plaidoyer. Oui, mille fois oui à une prise en compte de la sexualité des personnes handicapées et au respect qui doit l’entourer !

Mais faut-il aller jusqu’à créer, comme aux Pays-Bas, des « assistants sexuels », personnes chargées de fournir elles-mêmes du plaisir sexuel, comme l’idée en est avancée plus loin sur le site et comme songent à le faire des associations de personnes handicapées réunies depuis mars 2008 dans le collectif Handicaps et Sexualités (CHA)3 ?

Faut-il garantir un « droit à la vie sexuelle », droit qu’il deviendra difficile de dénier à d’autres catégories de population (prisonniers, malades, etc…) ? Et qu’est-ce qu’un « droit à la sexualité » qui implique un « devoir sexuel » pour celles et ceux qui seront chargés de l’assurer ?

Ainsi, un nouvel « emploi » verrait le jour en France. Un « métier reconnu » doté d’une formation et qui, « pour des raisons culturelles4 » serait en réalité majoritairement exercé par des femmes, pour les « besoins » d’une majorité d’hommes. Dans l’idéal, cet « emploi » serait exercé par des personnes issues du domaine médical ou paramédical, à qui serait proposée une formation. Les étudiantes kinésithérapeutes ou aide-soignantes apprécieront.

Une nouvelle fois, les femmes vont payer la note. Renvoyées au sacrifice, à la générosité dont elles sont si prodigues, trouvant une solution au chômage dans un nouveau « métier de service ». Une étape supplémentaire sera franchie. Le service domestique et le service soignant ne suffisant plus, le service sexuel viendra parachever le retour de la femme traditionnelle, oublieuse de soi, de sa propre sexualité, de ses propres désirs. On la paiera et elle aura la satisfaction, n’est-ce pas, de faire une bonne action.

Pas de prostitution là-dedans5, nous dit-on. Mais quoi, alors ? Comment appeler autrement un « service » rémunéré, comportant des actes sexuels ? Changer un nom suffirait-il à changer une réalité ?

Faut-il rappeler que dans les pays où ce « service » existe, il est considéré comme une forme de « prostitution spécialisée » ? Qu’il ne peut être mis en place qu’à la condition de dépénaliser certaines formes de proxénétisme, ce qui est le cas aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, tous pays qui organisent la mise à disposition des femmes, avec la bénédiction de l’Etat, au bénéfice de la moitié masculine de la population, handicapée ou non ?

L’incohérence serait totale à l’heure où de plus en plus de textes internationaux, que la France a notamment ratifiés6, reconnaissent que l’existence d’une "demande" contribue à l’organisation de la prostitution et à la traite des femmes et appellent les Etats à la décourager ! Comment concilier la création de « services d’assistant-e-s sexuel-le-s » et les mesures préconisées – y compris législatives - à même de dissuader les « clients » des personnes en situation de prostitution ?

On note d’ailleurs que certain-e-s signataires du Manifeste – Catherine Trautmann, Axel Kahn, Bertrand Delanoë, Jean-Louis Bianco, etc…- ont à d’autres occasions exprimé leurs craintes sur la marchandisation de la sexualité ou se sont engagés en faveur de textes défendant la pénalisation des clients prostitueurs. Ont-ils mesuré la portée de leur signature ?

La prostitution est un des hauts lieux de la violence contre les femmes. En faire un « métier de service », au nom de la détresse –réelle- de quelques-uns, c’est fournir un cheval de Troie à l’industrie du sexe et à ses marchands de femmes qui n’auraient jamais osé rêver d’une telle promotion.

Nous refusons cette nouvelle dérive. Croit-on vraiment respecter les personnes handicapées en créant une loi spécifique qui aboutisse, non à résoudre leur légitime demande de liens affectifs et sexuels, leur besoin de reconnaissance en tant que citoyen-ne-s, mais à se débarrasser d’un problème douloureux en fabriquant une solution marchande ?

Qu’en pense Valérie Létard, secrétaire d’Etat à la solidarité, qui a déclaré cette création « impossible et impensable au regard de la loi française7 » ?

Nous aimerions le savoir.

vendredi 19 juin 2009, par Claudine Legardinier

P.-S.

Texte de la pétition de l’EXpress :

Tous solidaires avec les personnes handicapées    Les personnes handicapées ne se cachent plus. Au mois de mars, à Paris, 35 000 d’entre elles ont défilé en fauteuil roulant ou à pied pour exiger une vie décente. En France, quelque 4 millions d’individus refusent désormais d’être considérés comme des citoyens de seconde zone. Ils ne veulent plus de la charité et réclament simplement la même vie que tout le monde : ni meilleure ni pire. Dans la tradition d’engagement chère aux fondateurs du journal, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, L’Express a décidé de se battre à leurs côtés, en diffusant ce manifeste. Parce que la société doit encore changer et tordre le cou aux préjugés, nous réclamons :

- Plus d’emplois :

Une personne handicapée a 15 fois moins de chance d’obtenir un entretien d’embauche qu’une autre personne.

- Un niveau de vie décent :

35 % des personnes handicapées vivent actuellement sous le seuil de pauvreté (817 A mensuels).

- L’éducation pour tous :

15 000 enfants handicapés sont encore déscolarisés.

- La liberté de se déplacer

173 000 établissements publics ne sont toujours pas accessibles aux personnes en fauteuil.

- Suffisamment de structures spécialisées :

Il manque 110 000 places pour accueillir les personnes handicapées en France.

- Le droit à une vie affective et sexuelle :

Les relations amoureuses des personnes handicapées sont le dernier tabou. Jusqu’à quand ? Vous pouvez vous aussi signer ce manifeste en renseignant les champs ci-dessous. Attention à bien indiquer une adresse valable : un e-mail vous sera envoyé et il faudra cliquer sur le lien fourni pour confirmer votre engagement.

3 Messages de forum

  • Je suis en formation de deuxième années de monitrice éducatrice, et j’ai effectuée un écrit sur l’assistance sexuelle.
    J’approuve totalement ce métier, je trouve qu’il est important que des personnes en situation de handicap prétendent comme tout le monde à une vie sexuelle et affective. Il est dommage d’entendre encore dans certains discours que l’assistance sexuelle est assimilé à la prostitution. Une personne sans handicap peu aller voir une prostituer si elle le souhaite, alors que la personne en situation de handicap à besoin d’un tierce personne qui sera par conséquent assimilé à du proxénétisme.Il est quand même fou que dans notre société ou l’on prône le droit à l’égalité des chances des personnes en situation de handicap, rien ne soit mis en place pour répondre aux demandent. C’est bien beau de tourner autour du pot et de dire qu’il faut faire quelque chose, mais concrètement qu’est ce qui est mis en place. Rien.
    J’espere vraiment que cette loi va passer, et pour les personnes qui assimile encore l’assistance sexuelle comme de la prostitution, aller vous renseigner, vous verrez que c’est vraiment diffèrent

    • Les plus belles théories ne trouvent leur sens que dans leurs applications.
      D’une intention généreuse l’assistance sexuelle n’échappe pas à la loi du marché.Qui va payer ce genre de services ??La personne handicapée, qui du fait se son handicap, est aussi financièrement handicapée à moins d ’être un enfant de Crésus.
      Toulouse Lautrec peintre handicapé peignait les prostituées et en profitait aussi.Mais à part quelques exceptions, un handicapé est un paumé et est perçu comme tel par les gens dits "normaux".Mieux vaut encore laisser les handicapés dans leur souffrances et leur dignité.On ne peut pas faire le "bonheur" des handicapés malgré eux.Seuls l’Etat ou la Sécurité Sociale pourraient être ben mesure de financer partiellement ces nouveaux services, sur prescriptions médicales s’entend...

  • J’ai l’envie de savourer un autre texte de vous très prochainement, une jolie prose sur les réseaux ne se présente pas comme étant tellement habituel, à l’heure présente.

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