“ Plus cet établissement l’hôpital des vénériens est grand et utile, et plus il est urgent de l’étendre aux autres villes du royaume, et surtout à celles qu’un ciel plus chaud où les circonstances particulières exposant le plus au fléau qui détruit le genre humain dans son principe, Marseille mérite une attention singulière. Son port consi-dérable voit un nombre infini de marins courir en atteignant le rivage vers des plaisirs dont leurs devoirs les ont privés longtemps ; un instinct brûlant cherche en eux une volupté funeste, et bientôt il se fait une réaction continuelle d’une contagion dévorante, soit entre ceux qui arrivent, soit entre ceux qui repartent, de sorte qu’une patrie souffre, languit et meurt sur mer, et l’autre porte dans nos colonies le poison qu’elle a pompé. D’un autre côté, les ouvriers, les soldats et les recrues qui sont à Marseille reçoivent des femmes publiques cette contagion successive. Ces deux classes, faute de moyens pour subvenir aux frais d’une cure ordinaire périssent en multipliant les victimes même qui en font d’autres. Il est encore une observation très importante à faire ; c’est pourquoi Marseille, quoique ville de garnison, n’a point d’hôpital pour le mal vénérien. ”
Jean-Baptiste Semezies
