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Dossier : culture sexiste

Le sexisme dans la bande dessinée II

2° La B.D. adultes

D’abord destinée aux enfants, la bande dessinée demeure un univers masculin par ses héros, son imaginaire et le lectorat auquel elle continue de s’adresser. Les auteures, dont les dessins et les bulles parlent enfin aux femmes, sont difficilement admises, témoigne Chantal Montellier. Et seules les œuvres de Claire Bretécher et Florence Cestac, toutes deux éditrices, ont été couronnées par le grand prix du festival d’Angoulême.

Dossier culture sexiste. Article paru dans Femmes-info n°91/92, automne 2000.

Pour que la BD puisse intéresser un lectorat plus vaste que celui des enfants et des adolescents, il fallait d’évidence faire évoluer à la fois les sujets traités et leur représentation graphique. Si les créateurs revendiquent unanimement le droit d’aborder librement des sujets d’actualité politique, sociale ou ayant trait à la morale et à la sexualité, la perspective diffère selon le sexe.

En France, comme aux Etats-Unis, la presse joue un rôle majeur dans cette évolution. L’émergence d’une « BD adulte » - qui permet au genre d’atteindre la plénitude de son expression artistique - se trouve liée à la lutte des éditeurs, des créateurs, des créatrices contre la censure. En effet, jusqu’en 1960, la BD es considérée comme un produit destiné aux enfants et protégé par la loi du 16 juillet 1949 relative à la protection de la jeunesse. Mais les verrous de la censure cèdent progressivement : le scandale arrive par la BD politique, idéologiquement « post-soixante-huitarde » et les premières « pin up » (« bombes sexuelles » aujourd’hui). La caricature politique et l’humour révolutionnaire féroce triomphent de l’ordre moral rigide d’une France gaulienne et pompidolienne. Enfin, à partir des années 1980 s’épanouit une BD pornographique.

Une BD très virile

- les « pin up » : 1962, Barbarelle

Les femmes un peu trop dévêtues et, plus encore, aux formes provocantes sont d’abord bannies. A la Belle époque, et malgré le zèle des ligues protestantes, les dessinateurs Etats-uniens introduisent de nouveaux protagonistes plus réalistes par le biais des « comic-strips » [1] édités dans les quotidiens. Mais c’est le « comic-book » qui sape les règles morales. Progressivement s’imposent de superbes héroïnes, femmes-objets, dont le rôle se limite à la fois à faire valoir le héros et à servir les péripéties du récit. Ces « pin up » franchissent l’Atlantique par les publications de la Société Opéra Mundi dont le président, le jeune journaliste Paul Wrinkler, rachète les droits des séries de la King features Syndicate. [2] L’éditeur français est parfois obligé de retoucher les audaces des dessinateurs américains pour éviter la censure. La nouveauté française arrive au printemps 1962 avec Barbarella, la première « pin up made in France » inventée par Jean-Claude Forest (né en 1930). La belle héroïne galactique tombe sous le couperet de la censure en 1964 et un album est interdit à la vente. Mais le succès est tel que Barbarella est adapté au cinéma en 1968 par Roger Vadim qui confie le rôle à Jane Fonda. Barbarella a des imitatrices et de nombreuses émules. Le talentueux dessinateur Philippe Druillet (né en 1944), champion des univers fantastiques et des récits de voyages extra-temporels crée lui aussi, en 1966, sa première « pin up » : exemple caractéristique car aux débuts de la BD adulte, les récits se situent essentiellement dans les univers masculins de l’anticipation, du fantastique ou de la guerre et ils donnent à voir les représentations de la féminité que les hommes ont envie de contempler.

Presse satirique : 1960, Hara-Kiri

Hara-Kiri, « journal bête et méchant, » paraît en 1960. Ce premier hebdomadaire adulte iconoclaste est régulièrement en butte à la censure. Le 3 février 1969, naît Hara-kiri hebdo rebaptisé Charlie Hebdo en novembre 1970 après la saisie de d’un numéro. Georges Blondeau, dit Gébé (ne en 1929), Georges Wolinski (né en 1934), Jean Cabut (né en 1938), Holtrop Bernard, Willem (né en 1941) et Jean-Marc Reiser (1941-1983) y collaborent durablement. Ce sont tous des auteurs politiquement engagés qui dessinent pour la presse politique de gauche et font parfois office de chroniqueurs. Ils cultivent un humour féroce, voire misanthrope en pourfendant le conformisme, la bêtise réactionnaire, les stéréotypes de la vie sociale et culturelle. Gébé s’amuse dans une logique de l’absurde. L’antimilitariste Cabu s’attaque à l’Establishment. Reiser traduit le point de vue des petits, des refoulés et des bafouésde la France des années 1960-1970 tandis que le Hollandais Willem continue à diffuser l’underground. [3] Mais certains se spécialisent dans l’humour graveleux, salace et machiste. Pour la critique, avec les derniers albums de Wolinski, on se rapproche de quelque chose « qui ressemblerait aux Frustrés chez les obsédés. » [4] Car la pornographie est souvent très présente dans les caricatures politiques.

La BD pornographique : années 1980, l’apotéose

Le dessin pornographique, plus ou moins « hard », selon l’époque considérée, est quasiment aussi ancien que la BD. Avant la grande guerre, en France, les jeunes femmes nues paraissent dans une presse grivoise destinée aux militaires. [5] Il s’agit alors d’histoires « sentimentales » ou « humoristiques » (genre comique troupier !)La protagoniste pouvait être nue mais devait toujours demeurer imberbe et le sexe, parfois suggéré, n’était jamais dessiné. Dès 1935, la Librairie générale publie des romans sadomasochistes aux titres évocateurs (Educatrice de Joan Spanting, Cuir et peau et La cité des horreurs d’Alan mac Clyde, par exemple) auprès desquels les albums français des maîtres du genre, René Giffey (1884-1965) ou d’Etienne Le Rallic (1891-1968), font pâle figure. « On y torture joyeusement de jolies femmes, esclaves, qui doivent obéir à des hommes dominateurs qui usent allègrement du fouet et de la torture corporelle pour leur plaisir... » commente Henri Filippini. [6] Aux Etats-Unis, les bandes pornographiques de petit format s’arrachent sous le manteau et à prix d’or : « scènes de copulations particulièrement hards voisinent avec un texte vulgaire. » [7] A la Libération, la mode est aux séries inspirées de romans ou de films noirs. Les femmes y sont toujours traitées avec une très grande violence et la censure sévit. L’interdiction de vente aux mineurs ne suffisant pas toujours, en 1967, l’illustrateur Nicoals Devil et le scénariste Jean Rollin publient chez Eric Losfeld La saga de Xam, un album commercialisé avec une loupe destinée à permettre la lecture des passages les plus audacieux. Audaces grandissantes durant la décennie 1970 et sans limites à partir de 1980 au cours de laquelle déferle la production italienne : il s’agit de scenarii X classiques dans lesquelles ont cours toutes les fantaisies sexuelles imaginables, crûment dessinées et commentées : les femmes y sont naturellement toujours présentées en situation de soumission. Dans les récits d’aventures, elles sont souvent violées, battues ou servent de butin de guerre aux vainqueurs.

La BD adulte féminine et féministe

Jusque dans les années cinquante, les aventures, les histoires d’anticipation, les récits policiers, les westerns ou les séries historiques ne présentent que des héros masculins et les femmes - qui reflètent les idéaux de l’après-guerre - sont les fées d’un logis au sein duquel s’introduit parfois le progrès technique de façon hilarante comme chez Mickey par exemple. Mais, tandis que de nombreuses revues continuent de véhiculer des images très traditionnelles de femmes qui se mettent quand même à travailler, par obligation sinon toujours par choix [8] et qu’aux Etats Unis les « family-strips, » issus des « comic-strips » [9] ironisent sur les revendications féministes, des créatrices talentueuses sont portées sur la scène médiatique grâce à l’apport politique, social et culturel des luttes estudiantines et féministes. Claire Bretécher, Chantal Montellier et Florence Cestac participent aux côtés de leurs collègues masculins au mouvement d’émancipation général de la presse. Claire Bretécher, Nikita Mandryka et Marcel Gotlib, tous trois issus de l’équipe du journal Pilote fondent L’écho des Savanes en mai 1972. Dès le second numéro, Bretécher y conte une Histoire d’A et les premiers émois de deux gamines tandis que Mandryka croque des héroïnes à la poitrine avantageuse et que Gotlib d’amuse avec Le petit chaperon rouge... Grâce au mouvement amorcé par L’Echo des Savanes, la bande dessinée quitte le ghetto de la presse pour jeunes pour être enfin reconnues comme un art ddddestiné à tous. De son côté, Chantal Montellier fonde en 1976 Ah ! Nana avec Jannick Dionnet et ferraille avec la censure qui cartonne. Florence Cestac y collabore régulièrement. [10]

- Montellier : 1976 - Ah ! Nana

Née en 1950, Chantal Montellier a suivi une formation aux Beaux Arts, peint, enseigné un court moment, puis fait des dessins de presse à des fins alimentaires. Elle publie pour la première fois en 1974 dans Charlie sur un scénario d’Alain Scoff. Très préoccupée par les questions concernant l’exclusion, la marginalité, les atteintes aux droits de l’homme et les libertés individuelles, elle brosse un tableau très froid de l’oppression sous toutes ses formes. Sur le plan artistique, elle crée une esthétique très personnelle en bouleversant le code traditionnel des éléments de la représentation : les images sont empruntées à l’actualité, à la photographie et retravaillées sur un mode hyperréaliste.

Interrogée en mars 2000 par Les Cahiers pédagogiques, Florence Montellier évoque ses débuts : l’importance du M.L.F. [11], l’existence d’éditrices comme Adela Turin et de sa collection Du côté des petires filles, les revues nouvelles qui offraient des espaces nouveaux de création et de diffusion aux créatrices.

Et, raconte-t-elle, « je publiais alors mes premiers dessins de presse dans l’Humanité dimanche et mes premières bandes dans Ah ! Nana. Ce mensuel de BD féministes disparut au neuvième numéro après avoir été retiré des kiosques par la censure sous prétexte de pornographie. La dite pornographie sévissait en effet dans l’édition de BD (cf. : L’Echo des Savanes), mais notre revue se démarquait nettement de ce courant. Ce fut pourtant le seul titre frappé d’interdiction. L’imaginaire féminin y perdit un espace de liberté inaugural et jamais reconquis. La plupart des dessinatrices retournèrent à la presse pour enfants, leur territoire assigné. [12] Tel est le cas de Nicole Claveloux par exemple. Par ailleurs, un rédacteur en chef de A suivre a refusé les planches de Chantal Montellier sous prétexte de pornographie alors qu’il publiait Manara ! Certes, celle-ci a évoqué la sexualité mais dans une intention bien différente de celles des auteurs masculins qu’elle raille pour dénoncer le machisme et la goujaterie ordinaires. En outre, Montellier a eu l’impudence de publier des planches « violentes » (sic) dans lesquelles elle dénonçait la façon dont la société (juges, policiers, psychiatres...) maltraitait les victimes de viol. Des victimes qui ne restaient pas passives : longtemps avant « l’héroine » de Virginie Despentes dans Baise-moi, Odile tuait les crocodiles. [13] Chantal Montellier poursuit actuellement sa carrière dans une revue d’humour destinée aux lycéens, Le psikopat. Malgré quelques progrès, les femmes continuent d’éprouver des difficultés à s’exprimer : « les talents qui se développent dans ce domaine sont rares et très faiblement valorisés (...) sans que cette absence n’interroge ni la critique ni le public » observe Chantal Montellier. « Si dans la décennie 1970-1980 », estime-t-elle, « des femmes avaient réussi à poursuivre leur chemin en dehors de Claire Bretécher et, plus discrètement, de Jeanne Puchol, Florence Cestac et Annie Goetzinger. » [14] La bande dessinée se vendait mal aux dires des éditeurs. « Il m’est arrivé quelquefois d’accueillir les jeunes dessinateurs à Métal. Les filles n’étaient pas majoritaires mais tout de même aussi nombreuses que les garçons. J’en ai sélectionnées plusieurs qui ne sont jamais sorties dans le journal. Ce n’est pas étonnant, un certain rédacteur de ma connaissance prétend que la Bd de femme ne se vend pas et que, de toute manière, le public de la BD est composé d’adolescents boutonneux ety d’adultes un peu attardés » commentait-elle déjà en 1985. [15] Et pourtant, en 2000, malgré « le recul du féminisme, les chefferies mâles, la reprise du marché par les gros groupes n’ayant pour ce moyen d’expression, d’autres intérêts que financiers, le politiquement correct » les mauvaises diffusions et présentations, les commentaires désagréables, la BD femmes se vend. [16]

- Bretécher : 1973 - Les Frustrés

Née à Nantes en 1940, Claire Bretécher est la dessinatrice qui poursuit la carrière la plus médiatique. Comme l’observe Florence Montreynaud, les lectrices ont mis longtemps à découvrir qu’elle est une femme puisqu’elle signe Bretécher. Après un passage fugace dans l’enseignement au début de la décennie 1960, elle illustre en 1963, une histoire de René Goscynny. Jusqu’en 1969, elle travaille pour Tintin et Spirou où elle dessine Les Gnan-gran et Les Naufragés. Cellulite, héroïne tout à fait extraordinaire, voit le jour dans Pilote. Comme Nicole Claveloux dans Ah ! Nana, elle ironise sur le conte. Deux ans plus tard, en 1971, Salades de Saison préfigure la satire des Frustrés. Mais la célébrité de la co-fondatrice de L’Echo des Savanes, coïncide avec son entrée dans la grande presse d’information. Le Sauvage, et surtout, Le Nouvel Observateur avec Les Frustrés en 1973. En juin 1978, elle fait la couverture de F Magazine. A la rentrée 1985, Les Frustrés font leur apparition sur Antenne 2 pour quelques semaines (dans le cadre de Télématin à 7 h 30). En 1987, elle figure dans la campagne publicitaire du magazine Marie-Claire au même titre que d’autres symboles de la réussite féminine.

Claire Bretécher ne joue pas sur l’esthétique d’un dessin dépouillé et expressif mais sur l’authenticité des dialogues et des situations. L’efficacité de ses créations et son indépendance à l’égard de tous les courants idéologiques assurent son succès. Souvent accusée de parisianisme en raison de la mise en scène d’un milieu d’intellectuels de gauche désabusés et empêtrés dans leurs contradictions, elle passe aussi parfois pour misogyne parce qu’elle aborde les déconvenues des féministes. Mais Roland Barthes la sacre « meilleur sociologue français. » Dans Les mères (1980) et Le destin de Monique (1982) elle touche successivement au désir d’enfant, à la maternité et à la procréation médicalement assistée (bébés éprouvettes et mères porteuses.) Les récits de Claire Bretécher ont été adaptés à la télévision ou sur les scènes des cafés-théâtres et Le cordon infernal a même fourni l’argument d’un ballet du Groupe de recherches de l’opéra de Paris en 1986. « Claire Bretécher a prouvé qu’on pouvait faire rire des femmes sans misogynie. Son secret : elle se moque d’elle-même, des femmes aux prises avec leurs contradictions, de tous ceux, hommes et femmes, qui se prennent au sérieux. Mais elle fait rire du genre humain sans misanthropie. Si, grâce à elle, l’humour a changé de sexe, il a aussi changé de nature, » conclut Florence Montreynaud. [17]

- 1996 : « Cestac pour les grands »

Née en 1949, Florence Cestac intègre les Beaux-Arts de Rouen en 1965 et les Arts Décoratifs de Paris en 1968. Elle commence sa carrière cette année-là en dessinant pour Salut les copains, Lui et 20 ans. Elle rencontre son compagnon Etienne Robial, maquettiste et designer, avec qui elle ouvre en 1972 la première librairie de bandes dessinées et fonde, en 1975, les éditions Futuropolis. Dans le feu de l’action, elle devient maquettiste, traductrice, attachée de presse et directrice de collection. Elle crée parallèlement le personnage de Harry Mickson et de Mickey Mouse (dont elle collectionne les aventures) : une sorte de haricot blanc, genre cassoulet vêtu d’une salopette-short d’où émergent des bras et des jambes caoutchouteux, un gros nez et un béret directement vissé à la cervelle. Elle reçoit, en 1989, l’Alph’art de l’humour d’Angoulême pour Les vieux copains pleins de pépins, et crée les aventures de Gérard Crétin dans Mikado. Associée à Nathalie Roques, elle propose dans les pages du Journal de Mickey une nouvelle série pour les plus petits mettant en scène une joyeuse famille : Les Déblok (chez Dargaud depuis 1997).

Le graphisme en couleurs vives infiniment expressif et irrésistiblement drôle jusque dans les détails les plus infimes de Florence Cestac, sa fantaisie et la finesse de ses analyses de situations sont charmantes. Du sable dans le maillot est peut-être le plus franchement comique des trois albums pamphlétaires de Cestac pour les grands parus à ce jour. Mais Le démon de midi, histoire autobiographique à 60 %, vendu à plus de 30 000 exemplaires et adapté à la scène a changé sa vie professionnelle. Il s’agit de la « chronique tendance vache d’un couple qui se disloque après que l’homme s’est amouraché d’une jeunesse. » [18] Un succès venu tardivement qui la fait grogner : « A part ce journal [Cosmopolitain], les autres titres féminins ne s’intéressent ni à la Bd ni à l’humour : on est pas aidées par les consoeurs. » [19]

En guise de conclusion

Resterait bien évidemment à examiner les nouvelles grandes productions pour percevoir les évolutions dans les représentations du genre tant du côté féminin que masculin. Dans Les Bidochons par exemple (de Christian Binet, 1975), les rôles s’équilibrebt dans la « beauferie » générale. Mais la place nous manque pour ouvrir le sujet.

Laissons donc le dernier mot à Chantal Montellier : « D’une manière générale, la conception et la fabrication des images, narratives ou non, est l’affaire des hommes. Ce sont eux les maîtres du miroir. C’est à travers leur regard que nous voyons le monde et que nous le réfléchissons. De la publicité omniprésente aux images nobles de l’Art. Pour une gloire féminine oubliée et généralement payée le prix fort (Camille Claudel !), combien de gloires masculines pérennisées ! C’est dans le rêve des hommes et dans leurs fantasmes que nous baignons ; la BD n’est qu’un maillon de cette chaïne des représentations, mais il n’est pas sans importance qu’il relie, ou non, l’imaginaire des hommes et des femmes ensemble afin que dans ce domaine-là de la création, la vision du monde et ses représentations soient enfin mixtes. » [20]

mardi 23 janvier 2007, par Annick Riani

P.-S.

Bibliographie :

- Guide de la bande dessinéee. - Temps futurs éditeurs, 1984.
- Alessandrini (Marjorie). - Encyclopédie des bandes dessinées. - AlbinMichel, 1979 et 1986.
- Conti (Thierry), Le Boulicaut-Brunet (Sophie) et Quatrepoint (Robert). - L’image de la femme à travers la bande dessinée. - Bibliothèque municipale de Marseille. - Marseille, Atelier municipal de reprographie, 181 p ; + bibliographie et index.
- Lalau (Yves-Marie). - Florence Cestac, piquante dans sa bulle. - Le Monde, juin 2000.
- Horay (Pierre). - Histoire mondiale de la bande dessinée. - Pierre Horay éditeur, 22 bis Passage Dauphine, 75006 Paris, 1989.
- Filippini (Henri). - Petite histoire de l’érotisme dans la BD. - Color Print, 1988.
- Serveurs des éditeurs sur la toile.

Notes

[1] Ligne d’iamges de la longueur de la planche.

[2] Ceux de Walt Disney également.

[3] Mouvement de contre culture né aux Etats-Unis et aux Pays Bas.

[4] Alessandrini (Marjorie) (sous la direction de). - Encyclopédie des bandes dessinées. - Albin Michel, 1979 et 1986, p. 238. Titres : 1967, Je ne pense qu’à ça (3 tomes) ; 1968, Mon corps est à elles ; 1981, J’étais un phallocrate.

[5] Filippini (Henri). - op. cité. (Le Régiment, Le Sourire, Bagatelle et Paris-Plaisirs par exemple.

[6] IB. p. 14.

[7] Ib. p.23.

[8] Sophie Le Boulicaut-Brunet, op. cité p. 73. Notamment dans les « soap-opera » qui sont des feuilletons mélodramatiques parrainés par des marques de lessives.

[9] Bande d’images comique de la largeur d’une page. Ce sont des histoires familiales. Par exemple, en France, La famille illico, Blondie ou Sylvie en France.

[10] Ah ! Nana « Des femmes dessinent, imaginent, racontent. Des femmes commentent et discutent, de 1976, de la mode, du nazisme, des tatouages ou de la vie quotidienne, en toute liberté. »

[11] Mouvement de Libération des Femmes

[12] Les Cahiers pédagogiques, mars 2000, p.54.

[13] Montellier (Chantal). - Odile et les crocodilles - Mercure de France, Les Humanoïdes associés, Madrid, 1984.

[14] Par ailleurs absentes du Quid de 1999, à l’exception de Montellier et Bretécher.

[15] Groensteen (Thierry). - Entretien avec Chantal Montellier. - ‘Les Cahiers de le BD, n°65, sept.-oct. 1985, pp. 72-73.

[16] Les Cahiers pédagogiques, p. 55.

[17] Monreynaud (Florence). - Le XXè siècle des femmes.- Nathan, éd ; de 1992, p. 575.

[18] Ib.

[19] Le Monde

[20] Ib.