Simone Benmussa est née en 1932 à Tunis où on
père est médecin. Sa famille est française, juive
et peu pratiquante. La jeune fille poursuit sa scolarité dans
l'institution privée catholique Notre-Dame de Sion, d'abord
à Tunis, puis à Paris où la famille s'installe
après l'indépendance de la Tunisie en 1956.
Passionnée de théâtre, Simone Benmussa commence
à travailler comme conseillère littéraire de
la Compagnie Renaud-Barrauld. Elle anime des conférences-spectacles
au théâtre de l'Odéon et assume en même
temps la fonction de rédactrice en chef des Cahiers Renaud-Barrault
jusqu'à leur disparition en 1989.
En 1968, Jean-Louis Barrault n'est plus chargé de la direction
du théâtre de l'Odéon. Simone Benmussa quitte
alors elle aussi ce théâtre. Pendant deux ans, de 1969
à 1970, elle va diriger l'Action théâtrale. Elle
retrouve ensuite les Madeleine Renaud et Jean Louis Barrault au théâtre
d'Orsay puis au Rond-Point. En 1976, Simone Benmussa réalise
sa première mise en scène au théâtre du
Petit Orsay avec Le Portrait de Dora d'Hélène
Cixous. C'est le début d'une longue série de spectacles
toujours attachés à une grande exigence littéraire.
Elle adapte ensuite et met en scène Apparences de James
Joyce et La vie singulière d'Albert Nobbs en 1979, puis
plus tard, La voix humaine de Jean Cocteau en 1989. Particulièrement
attachée aux textes de Nathalie Sarraute*, Simone Benmussa
adapte son autobiographie Enfance en 1984 et Pour un oui
pour un non en 1988. Elle fait également paraître
des entretiens qu'elle a eus avec Nathalie Sarraute.
Affaiblie par plusieurs années de maladie, Simone Benmussa
s'éteint à Paris le 5 juin 2001, à l'âge
de soixante-neuf ans. Ericka Kralik, sa compagne, fait paraître
l'annonce de son décès dans le journal Le Monde.
Ses parents, le docteur Maurice Mussat et son épouse font de
même. 
En 1976, les Nouveaux Cahiers consacraient un numéro spécial aux femmes juives. Simone Benmussa y répondait aux questions de Jacqueline Sudaka sur les réactions de sa famille face à son célibat :
Et même dans les fêtes de famille, quand
on me disait " à l'année prochaine ", c'était
toujours " à l'année prochaine, mariée
". C'était un tic familial, une expression toute faite.
On m'a toujours présentée à des gens abominables,
inregardables mais c'était des maris possibles. Sans mêmes
me dire " quel est ton goût ? ". On me présentait.
Quand n fait une distribution au théâtre, on choisit,
on connaît le style des gens, là, pas du tout [...]
Je ne voulais pas avoir d'enfant. Je me sens si déracinée
qu'il n'y a pas de trace que je veuille laisser. Ce n'est pas un
hasard que je sois dans le théâtre qui est le lieu
de l'éphémère. J'ai le désir d'écrire,
mais je n'écris pas, ou je ne finis jamais [...] C'est une
question qui me déchire. Les traces, je n'en veux pas derrière
moi. Je déteste le passé. L'avenir, on a peur, et
le présent est toujours difficile à vivre. Je ne sais
pas si cette angoisse est juive ou pas, sans doute. La diaspora,
c'est vraiment le " sans-racine ", cette contradiction
entre le désir de se regrouper, et la nécessité
de se disperser. 
En 1979, Simone Benmussa avait également répondu aux questions de Jean Liberman dans le cadre d'une enquête sur les femmes juives face au courant féministe lancée par l'hebdomadaire juif Presse Nouvelle :
Chaque fois que je fais quelques chose, on me dit que c'est féministe
: outre Dora, on l'a dit à propos de La Traversé
du temps perdu et de La vie singulière d'Albert
Nobbs... Au départ ce doit être un hasard, mais
je réagis sans doute en tant que femme et juive... quoi
que je fasse.
J'ai aussi de grandes affinités avec Kafka qui n'est pas
femme mais qui est juif ou avec une Nathalie Sarraute également
femme et juive.[...]
Sans doute les prescriptions de cette Loi étaient-elles
nécessaires à l'origine, mais le texte de la Bible
me paraît plus important que la religion. Et je me sens
dans ce texte là. De plus quelquefois, par exemple vis-à-vis
de l'histoire de Jeanne d'Arc, je ne me sens pas française.
Alors, d'où suis-je ? Finalement, c'est être doublement,
triplement, voire quadruplement marginale que d'être à
la fois femme et juive. 
Le Monde, 8 juin 2001, le carnet.
JacquelineSudaka, p. 91.
Jean Liberman, p. 5.
Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.