C'est à Paris en 1909 qu'Anne-Marie Gentilly vient au monde dans
une famille juive d'origine italienne. Après des études
secondaires et supérieures dans la capitale, elle obtient
une licence de lettres. Elle s'oriente alors vers le journalisme
et devient secrétaire de rédaction de la revue Les
Cahiers Juifs.
En 1934, Anne-Marie Gentilly adhère au Cercle d'études
sioniste Kadimah
fondé à Paris par Juliette Stern à son retour
d'un voyage en Palestine. L'année suivante, Kadimah
fusionne avec l'Union des Femmes juives pour la Palestine. Cette
fusion sera à l'origine de la création de Fédération
française de la W.I.Z.O. , l'organisation internationale
des femmes sionistes.
Jusqu'au début de la Seconde guerre mondiale, la W.I.Z.O. connaît un large développement en France et Anne-Marie Gentilly en est une des chevilles ouvrières. L'organisation a son siège au 78 Avenue des Champs-Élysées. Dès le début de la guerre, ses locaux risquent d'être réquisitionnés par l'occupant. Lorsqu'en 1940 les soldats allemands défilent sur la célèbre avenue, Anne-Marie Gentilly rassemble tous les papiers de l'organisation, les descend dans la cave aidée du concierge et les brûle dans la chaudière afin qu'il ne reste aucune trace du fichier nominatif de la W.I.Z.O.
A la Libération, la présidente de la W.I.Z.O. France,
Juliette Stern, charge Anne-Marie Gentilly de réorganiser
le travail sioniste de leur organisation quelque peu abandonné
pendant la guerre face à l'urgence du travail social. Après
un premier voyage en Israël en 1946, Anne-Marie Gentilly est
nommée Secrétaire générale de la W.I.Z.O.
de Paris. Elle devient la même année, rédactrice
en chef de La revue de la WIZO
créée
avec Sassia Erlich, ancienne présidente de l'association
pour la France. Aux côtés de son homologue, Léa
Raich*, secrétaire générale de la W.I.Z.O.
nationale, Anne-Marie Gentilly joue, avec discrétion, un
rôle très important dans la construction et l'expansion
de la W.I.Z.O. française.
Anne-Marie Gentilly dirige aussi le Département des publications des Éclaireurs israélites de France. Elle écrit pour eux plusieurs brochures pour les fêtes juives. Quand, faute de fonds, ce département ferme, elle entre au journal La Terre Retrouvée en tant qu'administratrice et rédactrice. Elle assume ces fonctions de 1951 à 1967. Elle a la plume alerte et précise. Elle a également une excellente mémoire et on la sollicite souvent pour donner des conférences.
Les tomes reliés des numéros de La Revue de la Wizo datés de1946 à 1984 rassemblent nombre de ses articles. En janvier 1985, Nicole Chouraqui*, alors adjointe au Maire de Paris, remet à Anne-Marie Gentilly la médaille vermeille de la ville qui salue ainsi ses actions et son dévouement.
Anne-Marie Gentilly s'éteint à Paris le 2 juin 1996, entourée par sa sur Juliette Lischitz, également wizéenne, par ses neveux et par ses amies de la W.I.Z.O. dont elle avait été une des pionnières.
Kadimah signifie en hébreu, "en avant".
Plus tard, La Revue de la Wizo a pris le nom Mila.
Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.