Présences féminines juives en France (XIXè-XXè siècles)



Retour à l'Afmeg :

Logo clicable de l'afmeg









Clara de Hirsh

HIRSH Clara de née Bischoffsheim

1833-1899

Philanthrope

C'est en Belgique, dans une famille de notables de la communauté juive de Bruxelles, que Clara naît le 13 juin 1883. Son père, Jonathan Bischoffsheim, est banquier, sénateur et membre du Consistoire israélite de Belgique. Clara reçoit une excellente éducation libérale. Elle parle parfaitement français, anglais, allemand et italien. Jeune fille, son père l'initie aux activités financières, au droit et à la philanthropie.
En 1855, Clara épouse le baron Maurice de Hirsch, juif allemand dont le grand-père avait été anobli par le roi de Bavière Maximilien 1er. Le couple a deux enfants, une fille qui meurt à la naissance et un garçon, Lucien, qui meurt à l'âge de trente et un ans.
Maurice de Hirsh est banquier, il participe à la construction du chemin de fer oriental reliant Constantinople à l'Europe et spécule sur le cuivre. Il amasse une immense/fortune dont il consacre une partie à de larges projets philanthropiques. Il est à l'origine de la Jewish Colonization Association qui favorise l'installation d'agriculteurs juifs en Palestine, mais aussi en Argentine, au Brésil et au Canada.
Clara participe à tous ses projets et leurs noms restent étroitement liés aux œuvres philanthropiques juives de l'époque. Ils sont parmi les premiers partenaires de l'Alliance Israélite Universelle L'Alliance israélite universelle a été fondée à Paris en 1860 dans l'objectif d'instruire les juifs partout où cela sera nécessaire et possible. (A.I.U.) et contribuent à la création de plusieurs établissements scolaires. Leurs dotations à l'A.I.U. permettent d'ouvrir la première école de filles de Salonique en 1876, puis celle de Tétouan, dans le Maroc espagnol, en 1891. Ils soutiendront par la suite la création de plusieurs autres écoles de l'A.I.U. Le couple aide aussi les juifs russes victimes de pogroms et contribue à la fondation de colonies agricoles juives en Argentine et au Canada pour les candidats à l'émigration.

Maurice de Hirsch meurt en 1896. Il laisse à son épouse une fortune considérable dont elle est nommée seule administratrice. Son appartement parisien, rue de l'Elysée devient son siège administratif. Avec l'aide de plusieurs secrétaires, Clara de Hirsch y poursuit l'œuvre philanthropique de son mari et travaille à ses propres activités caritatives. Elle dote les fondations Hirsch à New York et à Montréal, l'A.I.U. à Paris, ainsi que différentes associations juives dans le monde. Elle alloue également des sommes très importantes à l'Institut Pasteur et à d'autres établissements parisiens.
Clara de Hirsch meurt à Paris le 1er avril 1899, à soixante-six ans. Elle laisse par testament des legs très généreux à de nombreuses institutions caritatives juives et non juives, en France et à l'étranger. A Salonique, l'hôpital de Hirsch, auquel elle avait fait don de la somme nécessaire à son édification, est inauguré en 1908. A l'entrée de la salle de consultation, à côté de son portrait est gravé le commandement qu'elle avait fait sien " Soulager les douleurs est une œuvre divine ".

Sarah Leibovici qui a rendu hommage à Clara et Maurice de Hirsch au nom de l'A.I.U. Sarah Leibovici, p. 24, indique qu'une statue de Clara de Hirsch en marbre blanc avait été érigée au Square des Ménages, à Paris, à côté de celle de sa contemporaine, Marguerite Boucicaut Marguerite Boucicaut (1816-1887) avait fondé avec son époux les grands magasins du Bon Marché, puis financé la création de l'hôpital Boucicaut après son veuvage. Ces deux statues, aujourd'hui disparues, réunissaient dans un même hommage deux grandes dames de la philanthropie juive et catholique.

L'Alliance israélite universelle a été fondée à Paris en 1860 dans l'objectif d'instruire les juifs partout où cela sera nécessaire et possible.
Sarah Leibovici, p. 24.
Marguerite Boucicaut (1816-1887) avait fondé avec son époux les grands magasins du Bon Marché, puis financé la création de l'hôpital Boucicaut après son veuvage.

Bibliographie :

Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.