C'est en Belgique, dans une famille de notables de la communauté
juive de Bruxelles, que Clara naît le 13 juin 1883. Son père,
Jonathan Bischoffsheim, est banquier, sénateur et membre
du Consistoire israélite de Belgique. Clara reçoit
une excellente éducation libérale. Elle parle parfaitement
français, anglais, allemand et italien. Jeune fille, son
père l'initie aux activités financières, au
droit et à la philanthropie.
En 1855, Clara épouse le baron Maurice de Hirsch, juif allemand
dont le grand-père avait été anobli par le
roi de Bavière Maximilien 1er. Le couple a deux enfants,
une fille qui meurt à la naissance et un garçon, Lucien,
qui meurt à l'âge de trente et un ans.
Maurice de Hirsh est banquier, il participe à la construction
du chemin de fer oriental reliant Constantinople à l'Europe
et spécule sur le cuivre. Il amasse une immense/fortune dont
il consacre une partie à de larges projets philanthropiques.
Il est à l'origine de la Jewish Colonization Association
qui favorise l'installation d'agriculteurs juifs en Palestine, mais
aussi en Argentine, au Brésil et au Canada.
Clara participe à tous ses projets et leurs noms restent
étroitement liés aux uvres philanthropiques
juives de l'époque. Ils sont parmi les premiers partenaires
de l'Alliance Israélite Universelle
(A.I.U.) et contribuent à la création de plusieurs
établissements scolaires. Leurs dotations à l'A.I.U.
permettent d'ouvrir la première école de filles de
Salonique en 1876, puis celle de Tétouan, dans le Maroc espagnol,
en 1891. Ils soutiendront par la suite la création de plusieurs
autres écoles de l'A.I.U. Le couple aide aussi les juifs
russes victimes de pogroms et contribue à la fondation de
colonies agricoles juives en Argentine et au Canada pour les candidats
à l'émigration.
Maurice de Hirsch meurt en 1896. Il laisse à son épouse une fortune considérable dont elle est nommée seule administratrice. Son appartement parisien, rue de l'Elysée devient son siège administratif. Avec l'aide de plusieurs secrétaires, Clara de Hirsch y poursuit l'uvre philanthropique de son mari et travaille à ses propres activités caritatives. Elle dote les fondations Hirsch à New York et à Montréal, l'A.I.U. à Paris, ainsi que différentes associations juives dans le monde. Elle alloue également des sommes très importantes à l'Institut Pasteur et à d'autres établissements parisiens. Clara de Hirsch meurt à Paris le 1er avril 1899, à soixante-six ans. Elle laisse par testament des legs très généreux à de nombreuses institutions caritatives juives et non juives, en France et à l'étranger. A Salonique, l'hôpital de Hirsch, auquel elle avait fait don de la somme nécessaire à son édification, est inauguré en 1908. A l'entrée de la salle de consultation, à côté de son portrait est gravé le commandement qu'elle avait fait sien " Soulager les douleurs est une uvre divine ".
Sarah Leibovici qui a rendu hommage à Clara et Maurice de Hirsch au nom de l'A.I.U.
,
indique qu'une statue de Clara de Hirsch en marbre blanc avait été
érigée au Square des Ménages, à Paris,
à côté de celle de sa contemporaine, Marguerite
Boucicaut
.
Ces deux statues, aujourd'hui disparues, réunissaient dans
un même hommage deux grandes dames de la philanthropie juive
et catholique.
L'Alliance israélite universelle a été fondée à Paris en 1860 dans l'objectif d'instruire les juifs partout où cela sera nécessaire et possible.
Sarah Leibovici, p. 24.
Marguerite Boucicaut (1816-1887) avait fondé avec son époux les grands magasins du Bon Marché, puis financé la création de l'hôpital Boucicaut après son veuvage.
Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.