Présences féminines juives en France (XIXè-XXè siècles)



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MAY Dick,

pseudonyme de Jeanne Weill

1859-1925

Fondatrice de l'École des Hautes Etudes Sociales

Jeanne Weill naît le 3 août 1859 à Alger. D'origine alsacienne, son père Michel Weill, est grand rabbin du nouveau Consistoire d'Algérie. Après plusieurs déménagements, ses parents s'installent définitivement à Paris en 1885. Sa mère, Eugénie, est parmi les premières philanthropes juives à œuvrer au sein du Conseil national des Femmes Françaises (C.N.F.F.). En 1914, Eugénie Weill préside la section " Assistance ", au sein du C.N.E.F. Georges Weill, le frère de Jeanne, est professeur d'histoire à l'Université de Caen.
A Paris, sous le pseudonyme de Dick May, Jeanne Weill collabore à de nombreux journaux : La Liberté, Le Journal des débats, L'Illustration... Au tournant du siècle, elle s'engage très activement dans la création de différentes écoles d'enseignement supérieur des sciences sociales et publie également des romans et des pièces de théâtrequi connaissent un certain succès
Dès 1894, au début de l'Affaire Dreyfus, afin d'offrir de nouvelles tribunes au mouvement naissant des "intellectuels", elle soutient la création du Musée social et participe au développement des Universités populaires. Quelques années plus tard, elle est co-fondatrice du Collège libre des Sciences sociales et, en 1899, elle est la première à proposer la création d'une section de journalisme dans ce Collège. La même année, elle préside à la fondation de l'École des Hautes Études Sociales (E.H.E.S.) rue de la Sorbonne. Son établissement qu'elle dirige pendant vingt-cinq ans atteint un millier d'élèves. Pendant la Première guerre mondiale, elle collabore à différentes oeuvres de bienfaisance, notamment à l'Orphelinat des Armées. La guerre terminée, elle crée " L'œuvre Latine ", une association destinée à multiplier les liens intellectuels entre les peuples latins.
Jeanne Weil meurt le 14 août 1925, dans un accident de montagne près de Pralognan en Savoie. La presse juive de l'époque, Les Archives Israélites de France et l'Univers Israélite, annoncent tous deux son décès.Elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise sous son pseudonyme.

Bibliographie :

Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.