Présences féminines juives en France (XIXè-XXè siècles)



Retour à l'Afmeg :

Logo clicable de l'afmeg













METZGER Hélène née Bruhl

1889-1944

Historienne des sciences. Morte en déportation

C'est à Chatou, en région parisienne, qu'Hélène Bruhl voit le jour, le 26 août 1889, dans une famille d'intellectuels juifs. L'oncle d'Hélène, Lucien Lévy-Bruhl, est un des premiers sociologues français. Après le baccalauréat, Hélène prépare, en 1912, un diplôme d'études supérieures en chimie à la Sorbonne. A cette époque, rares sont les jeunes filles qui poursuivent des études scientifiques. Hélène est également très attirée par la philosophie. Elle devient la disciple et l'amie du professeur de philosophie Léon Brunschvicg, époux de Cécile Brunschvicg*.

En 1913, elle épouse l'historien Paul Metzger, qui sera peu de temps après tué au début de la Grande guerre. Jeune veuve, elle continue ses études de chimie et se spécialise en cristallographie. Elle se consacre à la recherche tout en travaillant comme bibliothécaire. En 1918, Hélène Metzger soutient une thèse à l'École pratique des hautes études : La Genèse de la science des cristaux. Jusqu'en 1939, elle publie de nombreux articles et ouvrages consacrés à l'histoire de la chimie. Elle devient membre du Comité international d'histoire des sciences.

Lorsque le premier statut des juifs est promulgué à Paris en octobre 1940, Hélène Metzger n'imagine pas qu'en tant que veuve de guerre française elle puisse être menacée. Elle refuse d'user de sa qualité scientifique pour s'exiler à l'étranger. Elle se contente de quitter Paris pour se réfugier à Lyon où elle rejoint le Bureau d'études israélites. Dans cette ville, elle continue à écrire et à travailler à ses recherches, considérant l'exercice de la pensée comme la dignité de l'être humain.
Arrêtée en février 1944 à Lyon, Hélène Metzger est ensuite internée à Drancy. Elle est déportée à Auschwitz le 7 mars1944 et meurt durant son transport vers le camp d'extermination.

Hélène Metzger a occupé une place importante au sein des historiens des sciences. Elle a été une des premières et rares femmes dans ce domaine. Plus de quarante ans après sa mort, des recueils de ses textes ont été réédités pour les étudiants.

Bibliographie :

Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.