Présences féminines juives en France (XIXè-XXè siècles)



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MUTER Mela,

nom d'artiste de Mela Mutermilch

1876-1967

Peintre

Mela Mutermilch est née le 26 avril 1876 à Varsovie en Pologne dans une famille juive. Après ses études secondaires et une première formation en peinture, elle gagne Paris en 1901 et continue à étudier dans différents ateliers de peintres. Elle a un fils André, né en 1900, qui vivra à Varsovie.
Mela, qui signe encore Mutermilch sur ses premiers tableaux, commence à exposer à Paris en 1902. Elle fait partie de la Société nationale des Beaux-Arts où figurent aussi Berthe Morisot, Suzanne Valadon et Marie Laurencin, d'autres femmes peintres qui deviendront célèbres. En 1905, Mela Muter expose au Salon des Indépendants puis au Salon d'Automne. Elle est ensuite invitée à exposer dans plusieurs villes européennes : Liverpool, Munich, Londres, Cologne, Vienne. Peintre figuratif, elle n'optera jamais pour l'abstraction et acquiert une belle réputation de portraitiste. Elle réalise aussi des scènes de tendresse, des maternités et de magnifiques paysages. Elle voyage beaucoup, séjourne tour à tour en Espagne, en Italie, mais surtout en Bretagne, à Pont-Aven, où elle retourne régulièrement.
En 1923, elle se convertit au catholicisme et elle est naturalisée française deux ans plus tard. Sa notoriété ne cessant de grandir, elle est invitée aux États-Unis en 1935 et ses œuvres sont accrochées à Baltimore et à San Francisco. En 1937, elle est présente à l'Exposition Universelle de Paris et deux ans plus tard à l'Exposition Universelle de New York.
Elle a soixante-ans lorsque éclate la Seconde guerre mondiale. Son fils meurt au début du conflit et elle se réfugie en Avignon en 1940. Elle y vit pauvrement, dans une maison attenante aux remparts prêtée par des amis. Après la guerre, elle regagne Paris, mais reste éloignée de la vie publique. Elle revient parfois dans le Vaucluse où elle expose notamment à l'Isle sur la Sorgue en 1951 et les deux années suivantes. D'une grande générosité, elle fait des dons à des œuvres catholiques qui viennent en aide aux enfants. C'est pour soutenir les enfants qu'elle va à nouveau exposer à l'âge de quatre-vingt neuf ans.
A Cologne, à la fin de l'année 1965, la Galerie Gmurzynska décide d'exposer des œuvres de Mela Muter. Quelques mois plus tard, c'est la Galerie Jean-Claude Bellier qui l'accueille à Paris. Peu de temps avant son décès, ses œuvres traversent l'Atlantique et sont exposées à New York en 1967.
C'est à Paris, dans sa maison atelier du 40 rue Pascal, que Mela Muter décède le 14 mai 1967. Elle avait légué ses biens à l'œuvre des Villages d'enfants S.O.S.

Après son décès, ses œuvres ont continué à être exposées. Dès octobre 1967, la galerie Gmurzynska de Cologne organise une rétrospective de ses œuvres. En 1991, Mela Muter est associée à la grande exposition internationale de Washington consacrée aux " Femmes artistes polonaises ". On la surnomma "la van Gogh polonaise" ! En 1993, le Musée de Pont-Aven lui a dédié une exposition. Enfin, en 2001, à Avignon où elle passa sans doute les années les plus pénibles de sa vie, la galerie Decagone a exposé plusieurs de ses oeuvres.

Bibliographie :

Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.