Présences féminines juives en France (XIXè-XXè siècles)



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Alice Salomon

SALOMON Alice née Lévi

1890-1943

Directrice de maison d'enfants, morte en déportation

C'est dans une famille juive modeste qu'Alice Lévy naît à Paris le 21 décembre 1890. Elle a trois sœurs. Son père, Louis Lévi, est confectionneur. Sa mère, Sarah Morhange, aide son mari dans son travail. Alice termine ses études secondaires et devient ensuite une des premières sténo-dactylographes du ministère des Finances. Elle a vingt-neuf ans lorsqu'elle épouse, en 1919, son coreligionnaire Marcel Salomon, employé de commerce. Elle met au monde leur unique enfant, Georges Michel, en 1921. Alice Salomon recommence à travailler quelques temps après cette naissance. Elle crée d'abord une petite entreprise de lingerie féminine et travaille ensuite dans la publicité et la production cinématographique. En 1936, elle milite au sein de la S.F.I.O., dans la 5e section de Paris.

Lorsque la France est vaincue en 1940, Alice Salomon gagne la zone libre et s'installe à Marseille. Elle propose son aide à l'Oeuvre de secours aux enfants (O.S.E.) et travaille aux côtés des assistantes sociales Huguette Wahl (dite Odile Varlet dans la Résistance, morte en déportation) et de Nicole Weil*. Sous la pression allemande, l'Union générale des juifs de France (U.G.I.F.) avait été créée pour représenter les juifs dont toutes les associations avaient été dissoutes. En juillet 1943, l'U.G.I.F. confie à Alice Salomon la direction de la maison de la Verdière, installée à Marseille, 40 avenue de la Rose. Dans cette grande bastide sont rassemblés des femmes et des enfants " bloqués Les autorités d'occupation désignaient ainsi des juifs qui avaient été précédemment arrêtés par la police allemande, puis relâchés. L'U.G.I.F. était chargée de garder la trace de leurs déplacements" sur ordre des Allemands.
Le 20 octobre 1943, la Gestapo arrête tous les pensionnaires de la maison de la Verdière. Quarante-quatre personnes, parmi lesquelles trente enfants, dont le plus jeune n'a que dix mois, sont transférées au camp de Drancy. Alice Salomon se joint volontairement à elles. Deux mois plus tard, elle est déportée par le convoi n° 62 qui quitte Drancy pour Auschwitz le 20 novembre 1943. Elle meurt d'asphyxie au cours du voyage.
Les pensionnaires de plusieurs autres maisons d'accueil de l'U.G.I.F. ont été arrêtés et déportés de la même manière. En juillet 1944, ce fut notamment le cas pour les vingt fillettes du Centre de Saint Mandé arrêtées avec leur directrice, Thérèse Cahen.
Elle refusa, elle aussi, de quitter les fillettes dont elle avait la charge et périt avec elles à Auschwitz.

Les autorités d'occupation désignaient ainsi des juifs qui avaient été précédemment arrêtés par la police allemande, puis relâchés. L'U.G.I.F. était chargée de garder la trace de leurs déplacements.

Bibliographie :

Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.