Jeannine Sontag est née en Suisse, à Zurich, le 14
mai 1925, de parents juifs d'origine polonaise. Elle grandit à
Strasbourg où ses parents sont commerçants. Elle y
est élève au lycée des Pontonniers où
elle a comme professeur la future résistante Lucie Aubrac.
Lorsque la guerre est déclarée, Jeannine se réfugie
à Lyon avec sa famille. Après avoir obtenu son baccalauréat,
elle est étudiante à la faculté de droit de
la ville. En 1941, elle adhère à la Résistance.
Elle participe d'abord au mouvement Combat, puis rejoint
la résistance communiste, les F.T.P.M.O.I., où elle
intègre le détachement combattant " Carmagnole
".
Le 3 juillet 1944, elle participe à l'attaque d'un garage de véhicules allemands, rue Gambetta à Lyon. C'est elle qui tient le gardien du garage sous la menace de son revolver pendant que ses camarades pénètrent dans le bâtiment. Mais ils sont encerclés par un groupe de gardes mobiles français et de soldats allemands. Tandis que ses camarades réussissent à s'enfuir par les toits, Jeannine est blessée. Arrêtée puis internée au Fort de Montluc où elle est torturée par la Gestapo. Elle sort de prison le 20 juillet 1994 pour être conduite à Saint-Genis-Laval, près de Lyon, où elle est assassinée avec cent vingt autres prisonniers . Elle avait dix-neuf ans. A Saint-Genis-Laval, un monument rappelle ce crime.
Lucie Aubrac a été parmi ceux qui ont mené de longues démarches pour que le nom de Jeannine Sontag soit donné à la Bibliothèque du lycée des Pontonniers de Strasbourg et pour qu'il soit aussi gravé avec ceux des autres élèves déportées sur une plaque apposée dans la hall du lycée. A strasbourg où elle a grandi, le nom de Jeannine Sontag a également été donné le 8 mai 1995 à un square, en présence du maire de la ville, Catherine Trautman. A la même date, qui marquait le cinquantième anniversaire de la capitulation de l'Allemagne, d'autres résistants alsaciens ont également été honorés ainsi que le groupe des résistants allemands " la Rose Blanche " dont le nom fut donné à un pont de Strasbourg. La même année, l'historien Claude Collin, professeur à l'université Stendhal à Grenoble réalisa un documentaire sur Jeannine Sontag.
Michèle Bitton, sociologue, 94, rue Saint-Savournin, 13001 Marseille.